Didgeridoo vernis de chez Bob Druett

Pourquoi et comment vernir son didgeridoo ?

Dans Trucs et astuces par Gauthier Aubé7 Comments

Le vernis est une étape importante qui, en plus de protéger votre didgeridoo, améliorera sa qualité de son. Reste à savoir les étapes du vernissage et quel type de vernis utiliser !

Dois-je vernir mon didgeridoo et si oui comment fait-on ? Avant toute chose vous devez savoir que vernir votre didgeridoo en modifiera automatiquement les caractéristiques. Ceci-dit, ça n’est pas un hasard si le vernis a été accepté par la plupart des fabricants de didgeridoo. Allons faire un petit tour dans le monde du vernis !

Les avantages d’un didgeridoo vernis

Un son plus en finesse

Lorsque je parle de vernir son didgeridoo, j’entends l’intérieur de l’instrument. Évidemment, l’extérieur est aussi très important ! Vernir son didgeridoo n’est pas anodin. Toute modification de la colonne d’air, de l’épaisseur et de la taille de votre didgeridoo en modifiera le son. Cependant, sachez que quasiment tous les didgeridoos contemporains haut de gamme ont une colonne d’air très lisse. Vous prenez donc peu de risque à nettoyer l’intérieur de votre didgeridoo et il y a de fortes chances que votre didgeridoo sonne mieux ! Retenez que plus la colonne d’air est lisse et brillante, plus le son produit est clair et aérien. En somme, en vernissant votre bout de bois, vous lui donnerez plus d’harmoniques et du même coup un son moins terreux.
Ainsi sur un didgeridoo contemporain cela paraît tout à fait justifié. En revanche, sur un didgeridoo traditionnel, le vernis serait plus que dommage ! En effet, dans le traditionnel, l’aspect rauque du son est recherché.

Limiter les risques de fissures

Les fissures sont la hantise du joueur de didgeridoo ! Même si les réparer n’est finalement pas très compliqué pour la plupart d’entre elles, il vaut mieux minimiser leur apparition. Globalement, il y a cinq risques de fissures dans un didgeridoo :

  • La chute : aïe, ça fait toujours mal de voir tomber son ami…
  • La chaleur : ne laissez pas votre didgeridoo dans la voiture en plein été !
  • Les écarts de température : souffler dans un didgeridoo dehors en plein hiver. Vous déclencherez un grand combat : l’air chaud de vos poumons versus l’air froid du climat. Risques de fissures assurés !
  • L’épaisseur du bois : le didgeridoo peut avoir des tensions suite à des erreurs de conception du fabricant. Il peut alors craquer sans aucune raison apparente.
  • L’humidité : ça paraît assez évident mais sans protection, le bois boit (oui le bois boit 😃). Il gonfle alors, puis sèche, puis regonfle… etc Et finira certainement par craquer…
    C’est surtout dans ce dernier cas que le vernis le protégera et c’est déjà bien !

Préparez votre didgeridoo

Avant de vernir votre didgeridoo, il vous faudra passer par quelques étapes ! Bien souvent, les didgeridoos que l’on souhaite vernir sont des instruments d’entrée de gamme (les didgeridoos haut de gamme étant déjà vernis). Ils sont donc brut de brut à l’intérieur comme à l’extérieur.
La première étape consistera donc à nettoyer l’intérieur des copeaux restants et de le poncer au maximum avec du papier de verre. Oui je vous voir venir… Poncer l’intérieur d’un didg n’est pas évident !
Si le courage vous manque, supprimez au moins les copeaux, ça sera déjà très bien. Pour cela, prenez une gouge et attachez-la à une tige fileté ou tout autre « manche » improvisé. Le but est d’allonger l’outil pour atteindre l’intérieur. Vous pouvez aussi bricoler la même chose mais avec du papier de verre.

Une gouge est un outil de la famille des burins et ciseaux à bois. Au lieu d’avoir un tranchant rectiligne, celui-ci est arrondi. Parfait pour notre didgeridoo !

Quel type de vernis utiliser ?

C’est LA question délicate ! Et pourtant celle-ci devient rapidement inévitable. Il suffit d’aller faire un tour à Casto ou à Leroy Merlin pour se faire une idée des nombreux choix de vernis. Pour résumer le problème, il existe deux grandes catégories de vernis :

Les vernis naturels

Même si le côté naturel est très tentant, ils ne sont pas très adaptés pour le didgeridoo… L’huile de lin, éventuellement associée à l’huile de ricin, est certainement la star des vernis. Il offre, pour les meubles, un rendu naturel et très agréable. Malheureusement, le didgeridoo nécessite une très bonne résistance à l’eau et à l’humidité. J’ai souvent entendu dire que les didgeridoos protégés par de l’huile de lin finissaient par ré-ouvrir (dans le cas de didgeridoos sandwichs) ou finissaient par craquer. C’est donc une solution que je ne conseillerais pas forcément même si, étant écolo dans l’âme (comme beaucoup de joueurs de didgeridoo !), le côté naturel me séduit encore beaucoup.

Les vernis synthétiques

Bienvenue dans la chimie moderne… Il est toujours affligeant de le constater mais bien souvent les produits synthétiques offrent une meilleure résistance aux vernis naturels… (J’ai quand même du mal à l’écrire !)… Enfin bref, à chacun d’entre nous d’en avoir un usage raisonné.
Dans cette catégorie de vernis, deux semblent avoir la part belle des bricoleurs de didgeridoo :

  • Le premier est un vitrificateur diluable à l’eau du type Bioréthane dont Stephane Bouillet parle sur son blog Biolodidje.
  • Le second sont tous les vernis aquaréthane cité dans ce post de France-didgeridoo
  • J’ai demandé aussi à Alexis Rousselle son avis sur la question. D’après lui, la plupart des vernis à l’eau offrent une étanchéité peu fiable. Le top, au niveau résistance, restant une sorte de vernis polyuréthane aujourd’hui accessible uniquement aux professionnels…
L’epoxy

L’epoxy peut être un très bon moyen de protéger son didgeridoo à la place du vernis. Cette dernière méthode demande juste plus de précaution dans les dosages et dans la manipulation. Vous pouvez jeter un œil sur ce post de France-didgeridoo qui parle de résine epoxy et didgeridoo.

Trucs et astuces

Pour vernir l’intérieur de votre didgeridoo, prenez une bouteille en plastique de 50cl, remplissez-la de vernis. Prenez ensuite votre didgeridoo (après avoir supprimé l’embouchure en cire d’abeille) et placez la cloche dans une bassine ou tout autre récipient. Versez la bouteille de vernis par l’embouchure tout en tournant le didgeridoo. Récupérez la vernis au bas du didgeridoo et recommencez jusqu’à ce que tout l’intérieur soit recouvert de vernis.

Conclusion : vernir oui, mais pas n’importe comment !

Si les raisons pour vernir son instrument sont plutôt bien acceptées par la majorité des joueurs de didgeridoo. Il reste tout de même l’art et la manière de l’appliquer. Traditionnellement, le didgeridoo est un instrument joué sans protection intérieure par les Aborigènes. Mais ces derniers ne sont pas très regardant sur les fissures et la plupart des didgeridoos traditionnels finissent recouvert de shatertone de la tête au pied !

Partagez vous aussi votre expérience de vernissage didgeridoo-esque. Votre expérience servira certainement à d’autres joueurs !

À propos de l'auteur

Gauthier Aubé

Salut ! Je m’appelle Gauthier Aubé et je suis passionné de didgeridoo. J’ai commencé à souffler à la fin de l’année 2001. Et avec le temps, la pratique du didgeridoo est devenu mon métier. Une vraie chance ! Depuis, j’ai sorti deux albums, écrit un livre pour apprendre à jouer et inventé le jeu de carte Wakatou pour créer ses propres rythmes au didgeridoo. Bonne lecture à tous !

Commentaires

  1. Un vernis de qualité ET appliqué par un pro, c’est bien 🙂

    Si c’est pas le cas, à long terme un vernis ça te salope un didg… sur les premiers sandidgs que j’ai fait y a 8-10 ans le vernis tire vraiment une sale tronche, au point que l’un d’entre eux j’ose plus le jouer parce que je pense que ce qui s’effrite est en suspension dans le didg. C’est un cas extrême bien sûr, avec un aquaréthane de mauvaise qualité et sûrement pas appliqué comme il faut…

    Pour bien réussir un vernis faut déjà trouver le bon, puis apprendre à l’utiliser, et surtout jouer le didg quelques années voir comment ça évolue !

    L’huile n’a aucun de ces défauts, c’est facile à appliquer, non toxique, et franchement ça protège bien… assez pour l’usage qu’on fait de nos bouts de bois (à part pour les joueurs de rue, là le vernis est quand même un petit plus)

    Ton texte s’adresse à des gens qui ont un didg pas vernis, en général ça exclut les sandidgs du commerce. Sur un euca termité, un teck ou un euca percé, pas de trait de coupe 🙂 dans un didg comme ça je balancerais de l’huile de lin sans hésiter une seconde !

    1. Auteur

      Merci Colas pour ton partage d’expérience. C’est bien d’avoir des sons de cloches différents car j’avais toujours entendu que l’huile de lin n’était pas optimale.
      À tester donc ! Indéniablement, je suis bien plus joueur que fabricant donc je laisse la parole aux bricoleurs avertis ! 🙂

  2. Ben après je suis loin d’être un pro, la finition c’est beaucoup une question de goût et de couleurs !

    Je pense qu’un didg de bonne facture a peu de chances de fendre ou de se rouvrir s’il est bien fait, par rapport à la pièce de bois et ses contraintes. Si le bois veut bouger par contre, même un bon vernis ne peut pas le retenir. Et si il est plutôt stable, l’huile assure quand même une bonne protection contre l’humidité, assez pour que le bois ne bouge pas.

    Le truc avec l’huile c’est d’en mettre beaucoup !! Et d’en remettre régulièrement. David (kan ar ch’oad) remplit ses didgs d’huile avec des bouchons, et il attend que ça suinte à l’extérieur…

    1. Il faut remplir d’huile de lin, ou d’un mélange huile de lin/essence de thérébentine? Parce que pour l’entretien du bois, l’ajout d’essence de thérébentine est toujours conseillée pour faire pénétrer l’huile!

  3. Salut !

    L’huile de lin des grandes surfaces de bricolage est toujours mélangée avec des trucs, qui sont en général pas écrits sur la bouteille… le mieux est d’essayer d’en dénicher une bonne huile bio c’est le seul moyen de savoir si elle va être pure.

    Mais bon, e pratique l’huile des grandes surfaces ça marche très bien. Et j’ai pas trouvé que l’essence de térébenthine était nécessaire, en fait faut pas hésiter à faire beaucoup de passages. Le bois boit, tu en remets, ça re-boit, etc…. David Defois qui fait des didgs en bois tournés rempli ses didgs d’huile, avec des bouchons, et attend que ça sorte de l’autre côté à travers le bois !! sans aller jusque là je pense que ça montre bien le pouvoir pénétrant de l’huile, question de temps et ça va boire 🙂 Le connaissant je pense pas qu’il coupe son huile à quoi que ce soit, je peux me tromper mais je pense que c’est juste de l’huile de lin bio et pure, toute simple.

  4. L’huile de lin à l’origine était utilisée par les charrons et appliquée à chaud (chauffée à bain marie et souvent associée à de la térébenthine)
    Ainsi elle a certes des avantages car « graisse » le bois mais également mais « tend » les fibres, cristallise en quelque sorte …ce qui fait perdre au bois ses possibilités d’adaptation aux conditions dans les tolérances entre 8 et 13% d’hygrométrie.
    Je ne suis pas du tout surpris d’apprendre que le bois craque et se fissure….
    Les vernis pour bateau, gomme arabique, mâtine et cire de carnauba sont certes plus contraignants à l’entretien mais protège en laissant la matière vivante de votre instrument s’exprimer, c’est important.
    La cire de carnauba à l’avantage une fois sèche et lustrée de se durcir comme un vernis sans se ramollir a la température de vos mains. Plusieurs couche peuvent être appliquée.
    Il m’est arrivé de l’utiliser pour des marches d’escalier! excellent rapport entre la résistance mécanique et la protection du bois, matériau vivant par définition et qui doit respirer.

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