10 conseils pour débuter au didgeridoo

Dans Débutants : commencez-ici par Gauthier Aubé2 Comments

Vous souhaitez apprendre le didgeridoo ? Un ami vous a rapidement montré comment produire un son de didgeridoo ? Et puis après ? Je parie que vous ne savez pas trop vers où aller ?! Voici 10 conseils pour aider tout ceux qui commencent et qui se sentent un peu seul sur le chemin.
Ami du souffle bonjour !

Conseil n°1 : Soignez votre embouchure

Avoir une bonne embouchure est essentiel. Au départ pourtant, on a tendance à la négliger en pensant qu’elle est secondaire mais l’embouchure a une grande influence sur le jeu. En effet, si celle-ci est trop ouverte ou au contraire trop fermée vous aurez plus de difficultés pour avoir un son stable et pour varier les sons.

La taille idéale d’une embouchure est d’environ 30-32 millimètres avec une forme ronde et régulière. Un didgeridoo d’entrée de gamme (ou parfois traditionnel) aura une embouchure en cire d’abeille. Celle-ci, à l’avantage d’être économique et naturelle, tout en se trouvant un peu partout.
En revanche, ce type d’embouchure peut ramollir après quelques heures de jeu. Il n’est donc pas rare de voir des embouchures complètement déformées avec le temps et qui peuvent provoquer des fuites d’air entre vos lèvres et votre didgeridoo.

Une autre erreur consiste à toujours modifier la forme de son embouchure : on souffle dans son didgeridoo, puis on modifie un peu la taille et le diamètre de l’embouchure en pensant que ça ira mieux… ce qui est rarement le cas ! Après quelques jours notre embouchure est complètement biscornue !

Gardez donc ce conseil en tête : une bonne embouchure est une embouchure ronde et régulière de 30 à 32 mm de diamètre qu’on laisse tranquille ! 🙂.

Votre embouchure ne tient plus la route ? Lisez l’article : 4 étapes pour faire son embouchure en cire d’abeille.)

Conseils n°2 : L’importance de votre posture

La posture est très importante. Prenez soin de vous asseoir dans une bonne position cela vous aidera à mieux jouer. Gardez votre dos bien droit et surtout poser la cloche de votre didgeridoo au minimum à la hauteur de votre assise. Cela vous évitera d’avoir la nuque toujours penchée en avant. Pensez aussi à amener le didgeridoo à votre bouche et non pas l’inverse. Souvent les débutants (et même certains joueurs avancés !) allongent le cou pour aller chercher leur embouchure alors qu’il est plus pratique de la rapprocher de votre bouche, vous verrez ça marche aussi bien ! Si vous souhaitez approfondir le sujet, voici un article dans lequel je vous donne cinq conseils pour une bonne posture.

Conseil n°3 : Trouvez la pression juste

Une chose essentielle pour progresser rapidement au didgeridoo est de trouver la bonne pression de votre instrument. Pour saisir l’importance de la pression, comprenez que chaque didgeridoo est conçu pour être joué à un niveau de pression bien spécifique. L’une des erreurs fréquentes est de jouer son didgeridoo bien en dessous de ce niveau. Ce petit détail aura de grandes répercussions : votre son sera mat, dénué d’harmoniques (les sons aigus du didgeridoo), avec une basse étouffante et des attaques imprécises. Au contraire, si vous mettez trop de pression votre son sera nasillard, avec une basse réduite et une vibration étouffée.

Respectez les limites de votre corps et vous verrez que petit à petit il se formera doucement mais sûrement à la pratique du didgeridoo.
Ainsi pour jouer avec une pression adaptée, pincez vos lèvres ou pensez à sourire, cela aura pour effet de les tendre et donc de produire de la pression.

Vous pouvez aussi voir cette vidéo qui vous aidera à améliorer votre son de didgeridoo grâce à la pression.

Qu’est-ce que la pression ?!

Elle est la résultante de deux facteurs : l’air que vous soufflez lorsque vous videz vos poumons, et l’air que vous retenez en pinçant vos lèvres.

L’image du ballon

Pour mieux comprendre, imaginez un ballon de baudruche gonflé que vous tenez entre vos mains en prenant soin d’en pincer la sortie. Si vous relâchez la sortie du ballon rapidement, celui-ci va se dégonfler d’un coup. Si en revanche vous ne laissez qu’un filet d’air passer, vous commencerez à créer de la pression. Enfin si vous appuyez sur le ballon avec votre main tout en maintenant le filet d’air, vous augmenterez la pression.
La sortie du ballon représente vos lèvres, le ballon vos poumons et la main vos abdominaux. Au départ, vos muscles des joues et vos abdominaux ne seront pas habitués à être contractés de la sorte.

Conseil n°4 : Attention à vos joues !

Lorsqu’on débute on a tendance à souffler dans son didgeridoo en laissant ses joues se gonfler toutes seules. Et pour cause, c’est la position la plus naturelle qui ne nécessite quasi pas de contraction de muscles. Bien que ce ne soit pas vraiment une erreur, il vaut mieux essayer de dégonfler vos joues et ce, pour deux raisons majeurs :

  • Tout d’abord, les joues agissent comme un filtre sur votre son c’est-à-dire qu’elles vont camoufler les mouvements de votre langue et donc vos variations s’entendront moins distinctement.
  • Ensuite en restant gonflées, elles vous empêcheront de pincer vos lèvres pour atteindre la bonne pression (cf. conseil n°3)

Les joues de Dizzy Gillepsie !

Cela étant ça n’est pas « mal » d’avoir les joues gonflées ! Vous en aurez par exemple besoin pour le souffle continu. Il faut simplement pouvoir passer d’une position à l’autre.
Pour résumer, comprenez que les joues dégonflées vous aideront à jouer des sons précis et les joues gonflées vous permettront de travailler le souffle continu.

Si vous ne souhaitez pas que vos joues se gonflent, voici donc une astuce : souriez ou pincez vos lèvres comme pour l’exercice de la pression mais cette fois-ci jouez devant un miroir pour voir ce qui se passe. Si tout va bien vous devriez entendre moins de basses et commencer à percevoir des sons plus aigus.

Conseil n°5 : Jouez de face, c’est bien mieux !

Qu’il est tentant de commencer de côté ! C’est vrai qu’au départ cela permet de produire un son plus facilement et de contrôler ses lèvres. Ceci dit, cette vérité s’efface vite avec la pratique et croyez-moi beaucoup (mais alors beaucoup !) de joueurs qui ont commencés de côté terminent par jouer de face. J’ai moi aussi joué de côté pendant deux ans pour finir par souffler de face. C’est tout simplement mieux :-). Si vous avez encore des doutes, lisez cet article ou regardez la vidéo que j’ai faite sur le jeu de face au didgeridoo . Si j’ai bien fait mon boulot, ça devrait finir par vous convaincre !

“Ce n’est pas la force, mais la persévérance, qui fait les grandes oeuvres.”Samuel Johnson

Conseil n°6 : Pratiquez régulièrement

Pour progresser en musique, mieux vaut jouer régulièrement 10 minutes par jours plutôt que 3h tous les 15 jours. Le didgeridoo c’est bien sûr de la dextérité, mais surtout beaucoup de muscles à faire travailler. Vos lèvres, votre langue et tout votre système respiratoire ont besoin de se muscler.

Jouer régulièrement c’est prendre le temps de vous habituer à une nouvelle gymnastique et de nouvelles sensations. Il est normal que vous ayez des moments de découragements. Vous verrez qu’il y a des jours où tout passe et d’autres où rien ne fonctionne : pas le bon son, les lèvres s’arrêtent d’un coup, enfin bref rien ne va plus !

N’insistez pas, vous reprendrez le lendemain. Avec le temps ces écarts de niveaux s’atténueront pour presque disparaître. Et vous verrez, plus vous jouerez plus cela deviendra agréable !

Conseil n°7 : Amusez-vous avant tout !

« Je dois travailler mon instrument. » La belle erreur ! Promettez-moi que dès que vous penserez à cette phrase vous l’a remplacerez par « J’ai envie de m’amuser avec mon didgeridoo ! ». C’est tellement important de vous faire plaisir et de jouer pour vous amuser. Ne vous forcez pas à jouer et sachez pourquoi vous jouer.

Je profite de ce petit conseil pour vous partager une expérience personnelle. Au départ je jouais mon didgeridoo pour le plaisir de la découverte, je trouvais ça formidable, j’avais donc beaucoup d’entrain et je jouais de nombreuses heures par jour. Et puis au fil du temps, j’ai commencé par me faire connaître et j’ai fini par jouer dans le but de devenir le meilleur… Quelle erreur ! Résultats des courses, j’ai dû arrêter de jouer pendant deux ans pour retrouver un réel plaisir ! J’en parle de cette article : Comment s’assurer de perdre sa passion au didgeridoo (ou de la musique).

Jouez pour vous faire plaisir et profitez-en pour vous détendre en appréciant ce que vous jouez. Apprenez avec joie et enthousiasme, en toute simplicité.

Conseil n°8 : Rencontrez des joueurs ou suivez des cours

La rencontre est un grand facteur de progression. Que ce soit une rencontre éphémère, un concert, jouer dans une association locale ou encore échanger avec d’autres joueurs. Toutes ces expériences vous feront progresser beaucoup plus rapidement. Cela vous permettra d’écouter, de discuter de tel ou tel technique, voir de jouer avec d’autres joueurs si le cœur vous en dit.

Les cours et les stages de didgeridoo sont aussi un bon moyen pour progresser, ils vous évitent les mauvaises habitudes tout en vous empêchant de vous décourager.

Pour vous connecter à la communauté du didgeridoo, il existe aussi un forum francophone : france-didgeridoo. Ce forum, devenu incontournable dans le paysage du didgeridoo francophone, regorge d’infos en tous genres : contacts des associations françaises, actualités du didgeridoo comme les concerts, les stages, les propositions de cours ou encore des initiatives de groupements de joueurs.

N’hésitez pas à y faire un tour !

Stage de didgeridoo donné à Pau à l’association Pyrat vibes.

Conseil n°9 : Écoutez du didgeridoo

Connaissez-vous le docteur Alfred Tomatis ? Ce dernier a fait des recherches dans les années 1960-90 qui ont démontré que l’on reproduisait uniquement ce que notre oreille pouvait entendre. Ainsi en France si nous avons un accent anglais, certes charmant mais à couper au couteau, c’est tout simplement parce que l’anglais utilise des fréquences plus aiguës que le français. Étant peu habitués à ces hautes fréquences nous les reproduisons avec beaucoup de mal… d’où cet accent légendaire !

En écoutant du didgeridoo vous habituerez votre oreille aux différents sons tout en étant plus à même à les reproduire. Pour ma part, je n’avais pas d’oreille musicale (j’étais l’antithèse du musicien !) et pourtant je peux maintenant affirmer sans trop de risques, que j’ai développé une très bonne oreille pour le didgeridoo (uniquement pour le didgeridoo ! Oui j’en ai écouté beaucoup !!). Je peux dorénavant analyser avec précision les mouvements de langue du joueur que j’écoute.

Et le mieux dans l’histoire c’est que tout cela se fait tout seul. Il vous suffit d’écouter du didgeridoo ! Vous pouvez découvrir 10 joueurs de didgeridoo australien ou encore les principaux joueurs européens. Bien sûr, je compte sur vous pour avoir déjà dans votre collection mes deux albums. 😉

Denra Dürr au festival de didgeridoo Suisse : le Swizzeridoo

Conseil n°10 : Démystifiez le souffle continu !

Vous l’avez certainement remarqué, en annonçant que l’on joue du didgeridoo, tout le monde répond : « Ah oui ? Et tu as la technique où t’arrêtes pas de souffler ? Le souffle continu c’est ça ? C’est vraiment super dur ce truc. C’est impossible !! ».

Un conseil : n’écoutez pas ces personnes. Si vous les questionner, vous vous rendrez compte que soit :

  • elles n’ont jamais essayé..
  • elles ont essayé pendant 10 minutes dans un canapé (oui important le canapé !).
  • elles n’ont pas reçu les bons exercices (envoyez-les moi, je m’en charge !).

Dans tous les cas, on comprend vite pourquoi ça n’a pas fonctionné.
Ah oui, une chose en passant, oubliez la paille avec le verre d’eau, cet exercice très répandu sur internet est relativement inutile. En effet, l’air dont on a besoin pour produire les bulles dans le verre d’eau est bien moins important que l’air utilisé dans faire vibrer votre didgeridoo… Je peux vous assurer que ces exercices sur la respiration circulaire fonctionnent beaucoup mieux !

“Agissez comme s’il était impossible d’échouer.”Winston Churchill

Faites donc table rase de vos préjugés. Laissez de côté la légende qui en a fait une technique réservée à une poignée d’initiés. Faites confiance à votre corps et laissez-vous porter. Bien sûr, nous ne sommes pas tous égaux face au souffle continu, certains l’atteignent en quelques minutes quand d’autres mettront des mois. Mais plus vous dédramatiserez, plus vous y parviendrez facilement.

Ceux qui parviennent à l’apprendre en quelques minutes ont tous un point commun : ils essayent simplement.

Avant d’entamer les exercices du souffle continu, stabilisez votre son, trouvez votre pression et soyez capable de passer d’un jeu les joues gonflées et dégonflées.
Ensuite, il sera temps d’apprendre le souffle continu et croyez-moi si vous respecter ces conseils, vous le maitriserez rapidement.

musique-coeur-didgeridoo

Pour conclure

J’espère que ces conseils vous aideront dans l’apprentissage du didgeridoo. Je vous souhaite un bon souffle et de belles découvertes ! Et n’oubliez pas : jouez avec votre cœur. C’est tellement important.

Si vous avez la moindre question, remarque, ou conseils à ajouter, poster un commentaire. Et si vous penser que cet article peut aider les joueurs débutants, partagez. 🙂

À propos de l'auteur

Gauthier Aubé

Salut ! Je m’appelle Gauthier Aubé et je suis passionné de didgeridoo. J’ai commencé à souffler à la fin de l’année 2001. Et avec le temps, la pratique du didgeridoo est devenu mon métier. Une vraie chance ! Depuis, j’ai sorti deux albums, écrit un livre pour apprendre à jouer et inventé le jeu de carte Wakatou pour créer ses propres rythmes au didgeridoo. Bonne lecture à tous !

Commentaires

  1. Merci Gauthier hihi ^^, merci pour la photo (ouf ça va ma posture n’est pas trop mal!) et tes précieux conseils, je dois améliorer ma régularité en effet..! M’amuser, ne plus me perdre dans la technique..! Ton article m’a fait comme une piqûre de rappel ahah! Merci. Jouer avec le coeur 🙂 C’est le plus important en effet. Sur ce, je te salue et m’en vais souffler du bonheur avec tout mon coeur! A bientôt! 🙂

    1. Auteur

      Et oui bonne posture, je n’aurais pas mis la photo sinon. 😉
      On aura beau le répéter, c’est certainement l’apprentissage de toute une vie de jouer avec le coeur. Bon souffle 🙂

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